« Le Barbier de Séville » de Beaumarchais « Apprends que je faisais mon bonheur de partager ton mauvais sort »

Ce n’est pas une surprise pour vous, je me suis plongée dans les lectures des oeuvres au programme de l’agrégation. Loin de moi l’idée d’en faire une lecture précise et universitaire, c’est bien toute la difficulté de la rédaction de l’article. Essayer d’occulter l’analyse littéraire pour vous confier mon simple ressenti comme j’ai l’habitude de le faire.. je vais tout de même tâcher de m’y tenir.

L’Histoire

« Le Barbier de Séville » est la première oeuvre théâtrale de la trilogie de Beaumarchais et de son célèbre valet, Figaro.

Nous faisons ici connaissance avec Figaro, qui au détour d’une rue de Séville, tombe sur son ancien maître, le Comte Almaviva. Ce dernier, alors jeune et fougueux tombe amoureux de Rosine, retenue abusivement prisonnière chez son tuteur, le médecin Bartholo.

L’intrigue est simple: le Comte doit délivrer Rosine et l’épouser. Seulement, les deux compères vont devoir faire face à de nombreuses péripéties.

Un lieu: L’Espagne, l’Andalousie, Séville

Décidément, Zola, Beaumarchais, Séville, le programme est fait pour moi! Vous comprenez maintenant pourquoi j’ai décidé d’être moins présente ces prochains mois.

L’Espagne n’est bien sûr qu’un décor pour faire oublier que la critique est bien portée sur les habitudes françaises. Un décor qui me plait. Les rues, les costumes, la guitare et les chants sont présents dans la pièce. Figaro a tout d’un picaro, héros romanesque de tradition espagnole errant à la recherche de reconnaissance, de ville en ville, de maître en maître, de femme en femme, de métier en métier, d’aventure en aventure.

Figaro

Le célèbre valet est le héros de la pièce alors qu’il ne semble pas en être le personnage central puisque l’intrigue tourne autour des personnages du Comte Almaviva et de Rosine. Cependant, cette place se justifie par le fait que c’est finalement le seul personnage qui exprime ses émotions sur scène. Le comte aime Rosine, d’accord, mais il ne se livre pas plus que cela. Contrairement à Figaro qui nous parle de son passé dans le premier acte. Un passé très proche de celui de l’auteur, Beaumarchais. Deux références à sa mère et à son enfance malheureuse permettent aussi de nous attacher à ce Figaro-Picaro.

Il n’est pas seulement bouffon, pas seulement rusé; il a la profondeur de ceux qui se battent pour sortir de leur condition de naissance.

« Qu’avez-vous fait pour tant de biens? Vous vous êtes donné la peine de naître… tandis que moi, morbleu » (Le Mariage de Figaro)

Figaro ayant un passé, un présent (le Barbier de Séville) et un avenir (« Le Mariage de Figaro », « La Mère Coupable ») ,on ne peut s’empêcher de penser qu’il se rapproche fortement des héros de romans, plus fouillés comme je les aime.

Figaro c’est aussi le valet qui ne l’est plus (le Comte lui ayant rendu sa liberté). Il n’a pas encore cette profondeur révolutionnaire qu’il aura dans « le Mariage de Figaro » et pourtant, nous en sommes proche comme l’acte 1 le laisse suggérer.

Les amoureux de la comédie italienne

Le noeud de l’intrigue porte bien sûr sur l’amour du Comte Almaviva et de Rosine, promise à son tuteur, le vieux Bartholo.

Cette intrigue n’est pas nouvelle et Beaumarchais fait volontairement référence aux personnages de la Commedia dell’arte, le jeune amoureux Léandre et la jeune ingénue Isabelle, Bartholo nous faisant pensé au vieux Pantalon.

L’auteur dénonce par ce biais les abus de pouvoir et rappelle le manque de liberté des femmes de son siècle.

Le rythme

Les péripéties sont multiples et il faut bien s’accrocher pour suivre ce rythme endiablé si particulier des oeuvres de Beaumarchais.

Quiproquos, déguisements et bons mots: une comédie avant toute chose

et tout est bien qui finit bien!

Mon avis

Vous vous doutez que je ne suis pas objective sur ce point puisque c’est justement cet auteur (et Zola encore plus) qui m’ont incitée à suivre les cours d’agrégation.

Lisez, aimez!

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5 commentaires sur “« Le Barbier de Séville » de Beaumarchais « Apprends que je faisais mon bonheur de partager ton mauvais sort »

  1. j’ai un peu de mal à me mettre à la lecture d’oeuvres comme celles ci, j’ai l’impression de retourner à l’école. J’ai aimé et même plus Antigone de jean Anouilh mais tous les romans fleuves de Flaubert ou Maupassant par exemple m’ont ennuyé, donc j’ai toujours quelques réticences
    Je lis actuellement un livre de juliette Benzoni et je suis complètement conquise

  2. Je sais et pourtant, c’est à l’école qu’on découvre la lecture. Je ne dirai jamais assez que si une oeuvre devient classique c’est qu’elle est éternelle, atemporelle et, accessoirement représentative d’un style d’écriture et donc d’un auteur.
    Ma liste de livre à lire à partir de février s’agrandit. C’est très frustrant pour moi de ne pas lire es livres de la rentrée littéraire.

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