Rencontre d’un autre genre avec Bernard Werber ou l’art d’être conteur

Mercredi dernier, j’ai assisté à un spectacle bien étonnant au théâtre des Feux de la Rampe. Pas tout à fait un spectacle, pas vraiment une conférence, pas non plus une rencontre écrivain-lecteurs. Après avoir eu l’idée, après tout saugrenue, de réunir les foules autour d’un roman qui parlerait de fourmis, Bernard Werber invente un spectacle d’un nouveau genre et développe sous nos yeux l’art d’être conteur.

Rendez-vous avec Bernard Werber

A partir de souvenirs personnels, que l’on imagine un peu romancés (le contraire serait un comble), Bernard Werber capte l’attention du public afin de le mettre en confiance et, peut-être à la fin, de l’hypnotiser. Pour cela, l’écrivain va utiliser ce qu’il maîtrise le mieux: les mots, les phrases, les histoires.

La voix est douce, le texte n’est pas préparé. D’une représentation à l’autre, les histoires changent, se parent de détails ou vont droit au but, toujours avec légèreté, toujours avec humour. Le ton de l’anecdote crée forcément le rapprochement recherché entre l’auteur et les spectateurs. Les anecdotes sont savoureusement effrayantes et drôles. Décidément, on l’inviterait bien à notre prochain dîner Bernard. Il divertirait la tablée, c’est sûr.

L’art d’être conteur

La façon dont Bernard Werber va capter l’attention des spectateurs plus d’une heure durant à travers de simples anecdotes est plutôt remarquable. Elle pose alors la question suivante: Qu’est-ce qu’être conteur? Quelques éléments de réponses peut-être. Etre conteur c’est sélectionner les informations qui feront mouche, rendre l’ordinaire extraordinaire, faire naître des émotions chez les auditeurs. Le conteur est aussi une voix. Une voix qui se module au gré des événements et des émotions, une voix douce et envoutante. Etre conteur, c’est arriver à créer un passage entre les mots et les auditeurs. Etre conteur c’est être un brin le magicien des mots. Un métier auréolé de fantastique.

L’échange

Si c’est Bernard Werber qui livre ses souvenirs personnels à ses spectateurs presque tous lecteurs, ils ne sont pas en reste. Chaque personne dans la salle ce soir-là avait un souvenir en lien avec Bernard Werber, cet inconnu célèbre. C’est ce qu’il y a de surprenant dans la rencontre entre un écrivain et ses lecteurs. Tandis que nous sommes de complets inconnus pour l’auteur, celui-ci nous est familier. Toujours attaché à un moment de notre vie. Le rapport entre l’écrivain et son lecteur est donc de fait, inégal.

Je me souviens de la découverte de cet étrange roman que lisait mon frère de trois ans mon aîné. « Les Fourmis ». Comment pouvait-on écrire un roman autour des fourmis, ça devait être bien ennuyeux. Bien sûr, je n’ai pu contenir ma curiosité bien longtemps et je m’en suis emparée sitôt l’ouvrage posé sur sa table de chevet. Lire les livres de mon frère était un moyen pour moi de me rapprocher de lui à un moment où la crise d’adolescence nous éloignait.

L’expérience de l’hypnose

Entre deux histoires, Bernard Werber tente sur nous quelques curieuses expériences. A travers un premier exercice qui s’apparente à de la sophrologie, l’écrivain nous invite à être là, ici et maintenant, concentré sur le moment présent. Cela nous évoque bien sûr l’expérience de l’entrée en lecture. Lorsque le lecteur parvient à entrer dans cet état où rien d’autre n’existe, l’écrivain est déjà un peu gagnant.

La dernière expérience va un peu plus loin. A travers l’hypnose, l’auteur ne cherche pas à nous imposer ses idées mais au contraire à aller chercher en nous ce que l’on sait déjà. Là aussi, le lien avec l’expérience du lecteur n’est pas très loin.

Et si tout ce spectacle n’était en réalité qu’une réflexion sur la lecture?

Conclusion

Il nous a bien eu Bernard, une fois de plus, il nous hypnotise avec ses histoires!

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Présentation par Bernard Werber

Prochaine représentation:

A définir. Réservations.

 Au théâtre les Feux de la Rampe – 34 rue Richer 75009 Paris –

 

 

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