« Blesse, ronce noire »de Claude Louis-Combet, L’amour incestueux

Bien étrange livre que l’on m’a conseillé de lire. Après le pavé de Victoria Hislop et sa fresque historique qui bouscule, j’avais envie d’une lecture plus douce et plus courte. J’ai donc ouvert le livre de Claude Louis-Combet que j’ai d’abord eu beaucoup de mal à me procurer, « Blesse, ronce noire ». Un titre à la fois poétique et menaçant par ses allitérations. Dès le titre, le sang, la mort, le sacrifice?

C’est l’histoire d’une passion. Celle d’un frère pour sa soeur et d’une soeur pour son frère. Une passion intellectuelle, charnelle, destructrice, maudite. Une passion qui enflamme, enveloppe, dévore et détruit. Une passion qui tue.

C’est l’histoire d’un frère et d’une soeur qui décident d’être l’un pour l’autre un miroir. L’un se fond en l’autre jusqu’à disparaître et perdre son identité propre. Quelles peuvent en être les conséquences?

Les oppositions (oxymores,antithèses) sont légion dans cette oeuvre et il est vrai que la beauté de la passion s’oppose clairement à l’horreur de l’inceste.

La question de Dieu et du péché est elle aussi toujours présente. Elle ne peut quitter les personnages emprisonnés dans leur passion terrestre et, peut-être, mortelle.

Le texte est empli de sensualité poétique. Les phrases s’étirent, se croisent et choquent.

« Eclats. Il connaissait bien le nécessaire recours pour s’en délivrer et que règnent en lui-même, de nouveau, le silence et le vide où les vrais mots rétabliraient leur présence: cette parole, par-dessus tout, qu’ils avaient conçue ensemble dans la lumineuse ténèbre de leur amour…Blesse, ronce noire. C’était ces mots-là qu’il voulait entendre, de la voix de sa soeur, en lui murmurés. Que tout se taise au-dehors et que cette voix lui revienne dans le souffle et le chant: Blesse, blesse encore, ronce noire, encore et toujours.« 

Ce texte est d’une beauté extrême et ne laisse pas insensible. Néanmoins, on ne peut s’empêcher de ressentir une gêne face au récit indiscret de cet amour incestueux. Pour ma part, cela m’a empêchée de lâcher prise et de me laisser emporter par la force poétique et mélodique des phrases.

Blesse, ronce noire. Claude Louis- Combet, Editions Corti Les Massicotés.

Claude Louis-Combet

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3 commentaires sur “« Blesse, ronce noire »de Claude Louis-Combet, L’amour incestueux

  1. Je ne doute pas de la beauté de ce roman mais je pense avoir, moi aussi, un peu de mal avec ce thème. Déjà "Les grand mères" de Doris Lessing m’avait un peu perturbé et il ne s’agit pas à proprement parler d’inceste…

  2. Si tu n’as pas de frère, peut-être réussiras-tu à ne voir que de l’amour et de la passion dans ce livre. Dans ce cas,c ‘est magnifique. L’inceste m’a gênée effectivement mais ça ne m’a pas empêché d’apprécier 🙂

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