« Celle qui Fuit et Celle qui Reste », Elena Ferrante- Deux Révoltes Féministes

Alors que je m’étais réservée la lecture de « Celle qui fuit et celle qui reste » d’Elena Ferrante pour les grandes vacances, je n’ai pas résisté à la tentation de le lire avant. Mon billet pour l’Italie.

L’Histoire

Tout est dans le titre. Le troisième tome est celui de la séparation, de deux vies qui divergent. Celle de Lénu et de Lina. Alors que Lina se retrouve au cœur de réglements de compte à l’usine de Bruno où elle travaille, Lénu prépare son mariage florentin avec un gentil garçon de bonne famille, Pietro. Le chemin des deux amies se séparent.

Une Société au Bord de l’Implosion

Le récit prend place à la fin des années 60 dans une société italienne gangrénée par la Mafia et le pouvoir corrompu. L’auteur dénonce les conditions de travail inhumaines des ouvriers et plus encore, celles des femmes ainsi que le poids des castes. Les violences ne tardent pas à éclater entre fascistes et communistes, entre les classes et entre l’Etat et le peuple, chacun défendant furieusement ses intérêts.

Féminisme

Si ces années sont un tournant pour la société italienne, elles le sont particulièrement pour les femmes qui prennent conscience de leur inégalité. Ainsi, Elena Ferrante aborde pêle-mêle le problème du harcèlement sexuel au travail-voire du viol-, l’accès difficile à la pilule et à une grossesse choisie, le mariage, seul moyen pour la femme de quitter l’autorité du père… pour celle du mari, mais qui va malheureusement de pair avec une sexualité imposée ou peu satisfaisante. Lénu et Lina sont toutes les deux emprisonnées dans leur rôle de mère qu’elles n’ont pas choisi. Nos deux héroïnes ont bien du mal à s’épanouir dans la découverte de leur féminité.

Amitié

Le rapport d’amour-haine dont je parlais déjà dans mes précédents articles (ici et ) et toujours présent. Il s’amplifie même et Lénu n’a plus peur de le dire : elle aime Lina mais elle souhaiterait sa mort. Les rapports sont toujours tendus. Bien qu’elles puissent compter l’une sur l’autre, chacune cache en elle une amertume, des pensées secrètes et indéfinissables sur leur relation. Leurs rapports en pâtissent, se refroidissent, deviennent plus distants, puis épisodiques.

Amour

L’amour est presque absent du roman, au moins, presque toujours décevant. Lina finit par se donner à Enzo plus par gratitude que par passion ; celle qui l’unissait à Nino est désacralisée dès le début du livre par l’ex-amant fougueux. Lénu, quant à elle, pense avoir fait le bon choix. Elle aura un mariage heureux avec un homme bon mais l’amour ne se commande pas. Ce vide la consume de l’intérieur, jusqu’à ce qu’elle recroise le chemin de Nino…

Style

Une première courte partie est dédiée à Lina et le reste du roman à Lénu. Tout nous est raconté de son point de vue.

Finalement

Des trois tomes, c’est celui que j’ai le moins apprécié et pourtant, je serai au rendez-vous pour la sortie du tome 4, en octobre. Lénu, Lina, Nino et les autres nous sont devenus familiers, pour cette raison, on aime les suivre.

Celle qui Fuit et Celle qui Reste, Elena Ferrante, Editions Grasset.

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