« Fairyland » d’Alysia Abbott, l’histoire d’amour d’un père et sa fille

Lorsque j’ai appris que « Fairyland » allait être adapté par Sofia Coppola, j’ai eu envie de lire le livre avant de voir le film, envie de m’imaginer ce qui allait la toucher, ce qu’elle allait mettre en avant, comment.

J’étais donc agréablement surprise de recevoir  » Fairyland » dans ma boîte aux lettres.

L’Histoire

Alysia Abbott, journaliste américaine, nous raconte son enfance et son adolescence auprès de son père et au sein de la communauté gay de San Francisco dans les années 80/90.

Une enfance qui commence dans la douleur puisqu’ Alysia perd sa mère à l’âge de deux ans. Un déclic pour le poète, Steve Abbott qui ne connaîtra plus d’autre femme et rejoindra définitivement la communauté gay. Les hommes, la drogue, l’instabilité financière d’un poète tourmenté et le sida vont venir s’immiscer dans la relation fusionnelle que Steve entretient avec sa fille.

Une écriture à quatre mains: Steve et Alysia Abbott

Cette biographie/autobiographie écrite par A. Abbott s’appuie sur le journal et les lettres de son père qu’elle a récupérés après sa mort. Les deux écritures font tout l’intérêt du roman car nous avons à la fois, le point de vue d’Alysia adulte sur son enfance et celui de son père sur sa fille.

De même, il est rare d’avoir les deux versions d’une relation, ici c’est le cas et c’est bien ce qui fait la beauté de cette histoire. L’un comme l’autre, à travers leurs écrits, nous confient leurs déceptions, leur peine et leur joie à vivre ensemble.

Un récit ancré dans l’Histoire

Bien sûr, en arrière-plan de cette relation père-fille, l’Histoire d’une ville, San Francisco et de celle de la communauté gay, décimée par le Sida. Petit à petit, comme une épidémie, le sida prend place et s’installe jusqu’à étouffement en prenant toute la place dans l’histoire d’Alysia Abbott.

Une interrogation très actuelle

L’Histoire de San Francisco et du sida côtoient l’évolution et l’apprentissage d’Alysia mais à travers ce livre, Alysia témoigne aussi de ce que c’est d’être un enfant de parent(s) homosexuel(s).

Ce que je retiens de ce livre est qu’Alysia n’a pas souffert du fait que son père aimait les hommes, elle a souffert de se sentir différente, comme n’importe quelle adolescente.

Oui, elle avait honte lorsque son père était habillé un peu bizarrement mais qui n’a pas eu honte d’un chemisier ou d’une jupe que portait sa mère? Oui, elle a eu de la peine de vivre seule avec un père qui sortait un peu trop les soirs pour rencontrer des hommes, mais qui ne s’est pas posé de questions après avoir dormi chez une copine et s’être rendu compte que le mode de vie de leur famille n’est pas le même que le sien (et donc forcément meilleur)? Qui n’a jamais fait de reproche à ses parents?

Finalement, Alysia ,comme tous les autres enfants, a grandi en devant apprivoiser ces différences et les faire siennes.

De plus, à travers les mots qu’elle choisit, Alysia partage l’amour immense d’une fille pour son père. Hétéro, homo, là n’est plus la question, c’est l’amour qui triomphe.

« Fairyland » devrait être lu par toutes les personnes qui se posent encore la question de l’effet sur les enfants d’avoir des parents gays.

Le livre-hommage

Vous l’avez compris, avant d’être une chronique du San Francisco des années 80, avant d’être le récit d’enfance d’une enfant élevé par un parent homosexuel, « Fairyland » est le vibrant hommage d’une fille pour son père. Ce livre parle avant tout de l’amour d’une fille pour son père et d’un père pour sa fille.

De plus, Alysia offre un merveilleux cadeau à son père puisqu’elle réhabilite le poète oublié et méconnu chez nous.

Le style

Je ne savais pas qu’Alysia était journaliste, maintenant je comprends mieux. Le style est très journalistique. Alysia Abbott, avec de menus détails, alourdit parfois le récit. On aimerait qu’elle se concentre davantage sur les émotions et moins sur les différentes enseignes de San Francisco qui changent à chaque époque .
Ce qui en fait un parfait guide de San Francisco, c’est vrai mais je m’en serais bien passée. En cela, elle s’oppose à Sofia Coppola.

L’adaptation par Sofia Coppola

J’ai vraiment lu ce livre à travers le filtre des réalisations auxquelles nous habitue Sofia Coppola. J’imaginais quelle scène elle retiendrait, comment elle l’intégrerait dans son film et la lumière de l’image. Et ça colle parfaitement. J’irai voir le film avec plaisir.

« Fairyland », Editions Globe.21e50.

"Fairyland" d'Alysia Abbott, l'histoire d'amour d'un père et sa fille
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3 commentaires sur “« Fairyland » d’Alysia Abbott, l’histoire d’amour d’un père et sa fille

  1. Je devrais sûrement avoir honte mais je ne connais pas les personnages en question, cela dit ce que tu dis du livre m’a fait le noter, il doit être super !

  2. Je ne suis plus très bio car j’en ai trop lu à un moment, mais cette histoire a l’air riche et les deux points de vue me tentent… Je l’ai noté, je vais feuilleter ce week end et advienne que pourra 😉

commentaires