« Into the Wild », Jon Krakauer- L’Aventure en Poche

Into the wild… vu cinq fois, lu quatre fois, il est peut-être temps que je vous en parle.

J’ai beaucoup bougé depuis que je suis en âge de le faire, je ne parle pas de parcourir le monde, je n’en ai pas les moyens mais je parle de déménagements incessants. Ainsi, j’ai souvent eu le besoin de changer de cadre de vie. Puis, avec l’âge, ça s’est calmé. J’ai ressenti le besoin de me fixer. Voilà cinq ans ce mois-ci que je vis à Paris par exemple.

Cependant, cette envie de partir, de tout plaquer, de bousculer ma vie, mes habitudes, ne me quitte pas complètement. Bien souvent, elle ressurgit.

Alors je réfléchis. Qu’est-ce qui se passerait si je quittais tout maintenant? Pour aller où? Qu’est ce que je gagnerais et qu’est-ce que je perdrais au change?

C’est dans ces moments-là que j’ai tendance à me replonger dans la lecture de roman d’aventure ou de témoignages de personnes qui ont fait ce choix de tout quitter pour atteindre un idéal.

L’Histoire

Jon Krakauer nous raconte l’histoire vraie d’un jeune américain, Christopher McCandless, qui a quitté sa famille, un avenir brillant et la civilisation pour un idéal construit à partir de ses lectures de Tolstoï et de Thoreau. Cette quête de vérité prend fin tragiquement dans les forêts de l’Alaska.

Le Film

Cette vie tragique et inspirée est magistralement adaptée à l’écran par Sean Penn.

Rejet de la Société de Consommation

Elevé dans une famille où l’argent et les biens de consommation ont une grande importance, Christopher McCandless commence d’abord très tôt par développer un sens du commerce assez prodigieux. Il vend de la citronnade puis met en place un service de photocopies qu’il propose à ses voisins en calculant sa marge au plus juste.

A l’adolescence, il se détourne peu à peu de ce mode de vie, voire complètement, refuse les études de droit avant de céder à ses parents et de s’y consacrer pleinement pendant quelques années. Il refuse les nouvelles voitures, donne son argent à des associations.

Cette tendance va s’accentuer lorsqu’il va partir une première fois seul pendant quelques mois. D’autant plus qu’il va alors apprendre un secret familial qui va l’éloigner définitivement de ses parents et de tout ce qu’ils représentent.

Christopher refuse également la régularisation du droit de circulation, il refuse un système où l’on doit payer ce qui appartient à tous comme l’eau, la viande et ce que la nature nous offre. Il rejette tout ce que représente l’argent et va même jusqu’à bruler ses derniers billets au moment où il abandonne sa voiture et sa guitare.

Les Valeurs Humaines

On peut s’étonner qu’autant de personnes se soient attachées à Chris durant son périple.

En effet, alors qu’il envoyait parfois des cartes postales aux personnes qu’il avait rencontrées lors de son aventure, pendant toutes ces années, il a laissé sa famille sans nouvelle; sûrement par peur d’être privé de sa liberté par une éventuelle recherche.

On le décrit généreux, ouvert, altruiste (qualité tellement rare de nos jours). Christopher (qui se fait appeler Alex Supertramp) ne supporte pas les mensonges que sous-entendent les relations humaines.

Son idéal

Christopher était sûrement à la recherche d’une pureté disparue, de relations fortes et réelles, sans lien avec le pouvoir exercé par l’argent ou avec quelconque obligation filiale.

Pour cela, le jeune américain s’est mis en tête de retourner au plus près de l’état de nature.

Peut-être aussi que, déçu par l’Homme, il décide de s’en éloigner pour mieux réfléchir à sa condition.

Voyage intérieur

Vous l’avez compris, notre héros n’est pas seulement à la recherche de beaux paysages, il est avide d’apprendre, sur lui-même et sur l’Homme; pour cela, il a choisi comme Maître la nature.

Christopher McCandless, un doux inconscient?

Le jeune homme a été beaucoup critiqué suite à cette aventure. Mal préparé, inconscient, jeune américain friqué qui veut s’offrir de beaux souvenirs avant d’aller s’installer dans un joli petit pavillon tranquille en suburbs, égoïste qui laisse sa famille sans nouvelle, dérangé, marginal… le profil aux multiples facettes de Chris McCandless permet toutes ces interprétations.

Idéaliste, intelligent, c’est certain.

Désabusé, sûrement.

Fou, peut-être.

Stéréoptype de l’adolescent américain, jamais.

Chris McCandless est allé jusqu’au bout de sa quête du bonheur, le sourire aux lèvres…

Chris McCandless

« Into the Wild », Jon Krakauer. Editions 10-18

 

 

Enregistrer

Rendez-vous sur Hellocoton !

9 commentaires sur “« Into the Wild », Jon Krakauer- L’Aventure en Poche

  1. Marie,
    J’ai vu le film plusieurs fois mais n’ai pas encore lu le roman, qui est pourtant bien au chaud dans ma bibliothèque…Ton article m’a donné envie de le dévorer. Je pense que si je ne l’ai toujours pas fait, c’est peut être par peur d’avoir envie, moi aussi, de partir je ne sais où et de tout plaquer, ou d’avoir la frousse de le faire ce qui me ramènerait au final devant ma propre lâcheté. Une histoire qui fait réfléchir en tout cas ! Merci pour ton article.

    1. Oui, je comprends Elsa. C’est d’ailleurs l’effet que me font et le livre et le film très souvent. Si tu as vu le film, tu dois déjà savoir quelles émotions il réveille. Le livre se penche davantage sur la psychologie de Chris McCandless et sur les faits purs de cette aventure.

  2. Bon alors bien sûr j’ai beaucoup entendu parler du livre comme du film et j’aimerais beaucoup le découvrir…sauf que je suis une grosse chochotte qui n’aime pas avoir peur et apparemment il y aurait un passage un peu « gore ». J’aimerais bien avoir ton avis sur le sujet pour savoir si oui ou non je peux lire le livre (l’avantage c’est que les pages tu peux les sauter au pire).

    Sans l’avoir lu, ce livre me fait un peu penser à « Sur la route » à tort ou à raison, mais j’ai adoré le livre, d’ailleurs j’ai été ravie de voir un morceau du « parchemin » sur laquelle l’oeuvre a été écrite au musée Georges Pompidou (l’autre partie ayant été mangé par le chien comme me l’ont expliqué les guides ^^).

    Comme toi et beaucoup d’autres j’adore voyager et j’ai aussi été amené à pas mal déménager même si je suis plus ou moins posée à Paris depuis 5 ans (si on enlève quelques mois à Bordeaux et Londres).

    Souvent, j’ai ce vrai besoin de partir de Paris que j’adore mais qui m’oppresse parfois un peu…J’adore cette ville et mes amis bien sûr mais parfois j’ai besoin de changer d’air, voir de nouvelles têtes et découvrir d’autres choses… Pourtant je ne suis pas du tout aventurière et j’appréhende beaucoup le changement. Quand je pars, Paris me manque rapidement mais ça m’a toujours fait du bien de partir pour mieux revenir.

    Dans l’immédiat je pense commencer à travailler à Paris mais je me verrai bien partir un peu à l’étranger plus tard, je ne suis jamais restée plus de 10 ans au même endroit ^^

    Des bisous et bel été!

    Sophia

    1. Bonjour Sofia,

      Comme tu dois le savoir, je suis déjà partie à l’étranger et c’est effectivement une belle expérience! Je suis très tentée de recommencer d’ailleurs… au sujet du livre, je ne vois pas de quel passage il s’agit. Peut-être celui où il tue l’animal pour le manger? dans ce cas, aucun problème à l’écrit. C’est surtout que c’est un film et un livre qui remuent. Ils me font toujours monter les larmes aux yeux. Puis, ils me transforment pendant un temps… Tu comprendras pourquoi si tu vois le film ou lis le livre 😉 Je ne peux pas t’en dire plus pour l’instant.

      En ce qui me concerne, j’adore le changement. Je pense que c’est pour cela qu’à chaque fois que quelque chose ne va pas, j’ai une irrésistible envie de partir, recommencer ailleurs. Il y a quelques années, lorsque je suis revenue de Florence et que je passais mon concours à Lyon, j’ai voulu partir une année en Asie. Là où le rythme de vie est très différent, puis je me suis raisonnée en me disant que c’était justement le fait de partir à la moindre déception qui était lâche. D’ailleurs, ça me fait du bien de te l’écrire et de le reformuler! Merci Sofia!

  3. Je me disais aussi que d’ordinaire tu écrivais bien mon prénom ^^ oui c’est vrai que partir c’est peut-être aussi un peu fuir et ça ne résoud rien …
    Mais bon si ce n’est pas « maladif » et que tu ne pars pas constamment ça reste de belles expériences où tu en apprends beaucoup sur toi même je trouve. Surtout si tu pars dans un pays étranger et que tu perds tous tes repères et que ça te pousse aussi à faire face à la solitude (au début). Ce que je trouve important car j’ai l’impression qu’on a de plus en plus de mal à vivre « seul » alors que je pense que c’est important de savoir rester seul avec soi même un peu.. Mais de se faire de nouveaux amis bien sûr aussi!

    Bref, je le mets sur ma liste de lecture , là je lis « aurevoir là haut »‘de pierre le maître mais j’ai du mal à démarrer (selon ma mere qui me l’a conseille c’est normal).

    D’ailleurs je veux lui offrir une box livres tu as déjà testé ?

    Des bisous!

    Sophia

  4. Salut SoPHia!

    alors, c’est peut-être un peu maladif pour moi! tu as raison par rapport à ce que tu dis sur la solitude. Je suis assez solitaire, pas forcément par choix mais mes amis quittant tous Paris petit à petit pour rentrer sur Lyon ou ailleurs, je me retrouve assez souvent seule et je n’ai pas trop de problème avec cela. Par contre, je vois que les autres en ont. Lorsque je dis à quelqu’un que je pars seule en vacances par exemple, ça perturbe et ça déplaît même. Même chose si je vais seule au cinéma un vendredi soir/ Je ne sais pas dire trop pourquoi mais je le ressens.
    Pour ce qui est de la box, je trouve que c’est une bonne idée mais en tant que lectrice, ce qui me ferait bien plus plaisir, c’est un livre par mois choisi par une personne qui me connaît bien. En plus, ça évite les doublons ou les lectures malheureuses.

    Belle semaine!

    1. Ehhe je connais bien ma maman et j’adore lire mais je suis nulle quand il s’agit de choisir des livres, le plus souvent c’est mon cercle familial qui me conseille ou me prête les livres que je lis ..et toi depuis peu! Mes amis ne lisent pas énormément ou moins que moi.. Je n’avais pas pensé aux doublons oui.. Je vais tenter le coup, un livre pendant 3 mois, on verra bien, j’aime bien le concept.

      Oui la solitude dérange beaucoup tu as raison, socialement ça reste assez mal accepté, mais bon il faut arriver à se détacher du regard des autres. Tu ne vas pas arrêter de voyager juste parce que c’est « bizarre » pour certains de voyager seule.

      Me concernant, je ne suis pas vraiment solitaire mais après mes premières années de fac où je suis beaucoup sortie, je me suis un peu calmée surtout cette année (en plus j’étais en stage toute l’année donc j’avais envie d’être un peu en forme au travail). Donc disons que je vois toujours mes amis mais je ressens moins le besoin de voir des gens tous les soirs par exemple, ce qui a « choqué » certains de mes amis (je suis certes jeune mais parfois ma compagnie me suffit tout à fait).

      C’est peut-être le fait d’avoir un peu « affronté » la solitude de façon un peu contrainte lors de mes premiers mois à Bordeaux qui m’a fait réalisé que de temps en temps être seule c’était pas mal enfait.

      Bonne semaine!

      Sophia

commentaires