« La Garçonnière »d’Hélène Grémillon-L’histoire d’un fait divers

« La garçonnière » est un de ces romans mi-policier mi-psychologique que j’affectionne particulièrement dans ces moments où la paresse de tout me gagne, même celle d’ouvrir un livre.

L’histoire

L’histoire est inspirée d’un fait divers. Nous sommes en 1987, en Argentine. Un époux, découvre le corps de sa femme au pied de leur immeuble sur le bitume. Qui a défenestré l’envoûtante Lisandra?

L’Argentine

L’Argentine, c’est le pays du tango, cette danse à la fois sensuelle et triste. Le tango, c’est avant tout « une pensée qui se danse » disait Ernesto Sabato car L’Histoire n’a pas été douce avec les argentins et cette danse est une façon d’exprimer toute la rancoeur qu’ils revendiquent légitimement, la tragédie de leur Histoire mais aussi, paradoxalement, la passion et l’amour. En cela, « La garçonnière » est comme un air de tango. On y trouve toutes ces composantes: l’amour, la danse, la rancoeur, la tristesse, la tragédie…

Le fait divers se passe en 1987, peu de temps après la fin de la dictature mise en place par quatre juntes militaires successives(1976-1983). Sous ce Régime, on dénombre des milliers de morts et prisonniers et des dizaines de milliers de « desaparecidos » (disparus) et de bébés enlevés.

Mais ces dizaines de milliers de familles argentines déchirées devront ravaler leur chagrin et leur colère car le nouveau gouvernement ne punira pas les responsables, préférant effacer cette ardoise sanglante. C’est ainsi que victimes et bourreaux cohabitent encore aujourd’hui. Toute la profondeur de la danse nationale prend alors sens.

C’est aussi de cette Histoire que l’on trouve dans « La garçonnière« . Eva Maria tente de résoudre le crime comme pour réparer cette justice malade qui ne l’a pas aidée, elle,à résoudre l’énigme de sa fille disparue durant la dictature.

Les fantômes du passé

On n’oublie jamais complètement les événements du passé. Ils modèlent notre présent. La seule solution pour qu’ils ne nous étouffent pas est de parvenir à les accepter. C’est bien ce que tentent les personnages du roman. Ils composent avec leurs pertes, leurs peurs, leurs crimes; essaient à tout prix de s’en guérir. Certains s’en sortent, d’autres pas…

L’amour

Différentes formes d’amour se croisent dans ce texte. De sorte que tout le monde s’y reconnaîtra à un moment ou à un autre de son existence. L’amour durable du vieux professeur et de sa femme, l’amour passion, l’amour à sens unique, l’amour fantasmé, l’amour fané, l’amour jaloux…je ne vous en dis pas plus de peur de trop en révéler.

Les personnages

Je ne souhaite pas m’attarder sur l’histoire de chaque personnage. Je préfère vous les laisser découvrir car je pense que c’est un des intérêts du livre. Tout comme au fil des pages, le lecteur découvre des indices sur l’intrique purement policière, il découvre également des caractères, des bouts de vie et creuse l’intimité des personnage centraux. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas le mari , le personnage le plus intéressant mais les témoins, les suspects et bien sûr, Eva-Maria et son fils, Estaban, l’enfant « qu’il lui reste » et qu’elle ne sait plus aimer comme il faut.

Le titre

Là encore, le titre ne peux se comprendre que dans les dernières pages mais vous n’aurez aucun mal a y arriver tant Hélène Grémillon emporte le lecteur dans son récit.

Le style

Je pense que le talent d’Hélène Grémillon tient davantage au traitement des émotions qu’à son style qui reste assez classique mais très efficace.

J’ai vraiment aimé cette histoire que j’ai lue très vite. « La garçonnière » est une enquête policière, psychologique, politique, historique et de moeurs passionnante. Puis, elle n’a fait que renforcer mon attrait pour l’Argentine. En attendant, je vais vite me procurer « Le Confident ».

« La Garçonnière », Hélène Grémillon. Editions Flammarion.

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"La Garçonnière" d'Hélène Grémillon- L'histoire d'un fait divers
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4 commentaires sur “« La Garçonnière »d’Hélène Grémillon-L’histoire d’un fait divers

  1. Je reviens pour te dire ce que j’ai pensé de ce roman comme promis 🙂 Je l’ai beaucoup aimé, s’il m’a moins « ému » que Le Confident, en revanche il m’a un peu stressé, je ne sais pas si c’est à cause des délires de jalousie à certains moments mais je n’ai pas très bien dormi deux nuits d’affilée :p Ca reste un livre que j’ai beaucoup apprécié mais contrairement au Confident, où le suspens dure jusqu’à la fin (je trouve du moins), j’avais une petite idée sur le dénouement de l’histoire (disons à une dizaine de pages de la fin). Cependant il y a une dimension historique qu’il n’y a pas dans le Confident que j’ai apprécié (un peu à la Victoria Hislop)

  2. J’ai mis un moment à faire le lien avec « Le confident » que j’ai lu et adoré (je ne me souvenais plus du nom de l’auteur). C’est un livre du même genre je pense entre roman psychologique et enquête. Bon je t’avoue qu’il m’a beaucoup ému et que cela m’a même donné un peu le blues mais je te le conseille quand même 🙂

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