« La Maison du Sommeil » de Jonathan Coe

J’ai choisi de lire « La maison du sommeil » pour voir comment un auteur pouvait traiter le thème du rêve dans un roman et en faire l’outil dramatique d’une oeuvre. Les rêves me fascinent parce qu’ils sont dotés de richesses extraordinaires, parce qu’ils sont les exutoires de nos désirs refoulés, de nos peurs enfouies et de nos frustrations. Je pense qu’un rêve nous en dit plus sur l’autre que ce que celui-ci voudra bien nous montrer.

Lorsque j’ai commencé mes études, je me suis d’abord inscrite en Psycho… je suis restée une semaine tant je n’étais pas à ma place et tant la littérature me manquait mais quand même, j’y suis restée une semaine et avant cela, j’ai passé l’été à lire Freud. Je me souviens que mon petit copain de l’époque n’appréciait pas que je fasse des études de psychologie et que je m’intéresse autant aux rêves. Ca a été un soulagement pour lui que je retourne en Lettres Modernes et je peux bien le comprendre car nos rêves sont comme une fenêtre sur ce que l’on veut cacher, parfois même, se cacher. Les rêves ont cela d’effrayant.

Le rêve me paraissait donc un excellent tremplin pour un roman à suspense. Est-ce que le lecteur pourrait mener l’enquête à travers les rêves des personnages? Je ne savais pas à quoi m’attendre, et voici ce que j’ai découvert:

L’Histoire

Ashdow était une maison d’étudiants étrange perchée sur une falaise des côtes anglaises. Les habitants de cette résidence universitaire n’étaient pas moins étranges. Ainsi, s’y sont croisés Sarah la sensible narcoleptique, Grégory son ex manipulateur, Robert son meilleur ami secrètement et follement amoureux d’elle, Véronica la lesbienne working girl et Terry le bon copain cinéphile.

Tous se sont séparés jusqu’à ce que de mystérieuses coïncidences les ramènent sur les lieux d’Ashdow devenue une maison d’expérimentations inquiétantes autour du sommeil dirigées par le Dr Dudden.

Les souvenirs du passé hantent nos personnages jusque dans leurs rêves.

Le style

Attention, il faut s’accrocher pour ne pas se perdre dans les méandres du récit: passé/présent, rêves/réalité, tout s’enchaîne, s’entremêle et apporte son lot d’indices. La structure du récit est un travail de maître.

Le rêve

J’en ai déjà parlé plus haut alors je vais faire court mais le rêve est un élément essentiel au récit. La frontière entre rêve et réalité est parfois difficile à définir. Les personnages se construisent autour des rêves de la narcoleptique Sarah ( maladie du sommeil qui arrive de manière incontrôlée) et l’intrigue avance en partie grâce à leur interprétation.

Le cinéma

Les amoureux de cinéma y trouveront également leur compte puisque le cinéma fait entièrement partie de l’oeuvre et donne de la profondeur au récit ainsi que des indices sur l’intrigue.

L’intrigue amoureuse

Jusqu’où peut-on aller par amour? On dit souvent que l’on sait que l’on aime quand le bonheur de l’autre passe avant le sien. Cela a quelque chose d’effrayant. En effet, aimer signifie-t-il s’oublier tout à fait? pour Robert, il semble que c’est le cas. Il est follement, passionnément amoureux de Sarah et pour elle il ira jusqu’à la pire extrémité.

Sarah, elle, a une façon bien différente d’aimer. Finalement, ce qu’elle recherche dans l’amour c’est elle-même. Son plaisir, son épanouissement personnel.

Ces deux-là parviendront-ils à se rencontrer?

L’intrique d’Ashdow

De longs chapitres nous font pénétrer dans la résidence maléfique où ont lieu plusieurs expériences sur les étudiants de la ville. Terry y est guidé par le Dr Dudden qui lui explique sa passion folle autour du sommeil. Il y découvrira d’horribles choses qui le pousseront à poursuivre son enquête.

Les personnages

Tous loufoques,forcément caricaturaux puisqu’extrêmes. Il est difficile de s’identifier à l’un d’entre eux mais qu’est-ce qu’ils sont drôles!

Mon avis

Difficile de fermer le livre au milieu d’un chapitre et pourtant, parfois l’intrigue n’avance pas assez vite. On ne sait plus où Jonathan Coe veut en venir. C’est le petit défaut que je reprocherai à ce livre. Par ailleurs, j’ai aimé ce roman à suspense plein d’humour mais je pense que le côté loufoque de certaines situations poussées à l’extrême pourront déranger certains.

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4 commentaires sur “« La Maison du Sommeil » de Jonathan Coe

  1. J’ai bien envie de lire ce livre! Je ne me rappelle pas toujours de mes rêves mais comme tout le monde j’en fait parfois de très bizarres et j’aimerai bien pouvoir les interpréter :p (c’est mon côté Professeur Trelawney). Je le note dans ma liste de lecture (avec Une dernière danse que je n’ai toujours pas lu!).

  2. Je pense que nos rêves symbolisent par des objets, des lieux, des situations, nos émotions refoulées. C’est souvent très simple de trouver un sens à nos rêves.

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