« La Mère Coupable » de Beaumarchais « O ma vieillesse, pardonne à ma jeunesse, elle s’honorera de toi »

Troisième et dernier volet de la trilogie de Beaumarchais « La Mère Coupable ». Le célèbre dramaturge quitte la comédie et rejoint le drame familial. Cette évolution de la comédie complète au drame est unique est intéressante. Les personnages traversent l’Histoire et leur histoire.
L’histoire
« La mère coupable » intervient donc encore dix ans après la pièce précédente. « Le Mariage de Figaro » ainsi que« Le Barbier de Séville » ont été un vrai succès. « La Mère Coupable » est l’occasion de retrouver ces personnages emblématiques et de savoir ce qu’ils sont devenus à l’aube de la vieillesse.
Le Comte Almaviva est en proie aux démons de la jalousie. La Comtesse est toujours en larmes devant sa coiffeuse, elle semble porter un lourd secret. Figaro et Suzanne sont un peu plus fatigués, un peu moins dynamiques et moins vifs à résoudre les intrigues. Un nouveau personnage, Tartuffe de la maison, fait son apparition et trompe tout le monde afin de voler l’argent du Comte et de s’assurer d’un mariage bienvenu avec sa pupille et future héritière.
En effet, le Comte Almaviva et la Comtesse ont eu deux fils. L’ainé est mort à la guerre et le Comte refuse de léguer quoi que ce soit au cadet qu’il soupçonne ne pas être son fils légitime.
Un drame familial
Après des années de tromperies du Comte Almaviva, la comtesse s’échappe et le trompe une fois avec le page Chérubin. Cette unique tromperie aura des conséquences désastreuses sur toute la famille et sur la Comtesse d’abord qui cache un secret trop lourd. Conséquences encore décuplées lorsque le fils ainé meurt. Le Comte le dit lui-même, les femmes et les hommes ne sont pas égaux devant la tromperie. L’homme ne pouvant jamais s’assurer de sa véritable paternité. Celui-ci devrait pourtant se méfier des conséquences éventuelles de ses actes à lui. Il faut rappeler que le Comte est un libertin. Cette pièce est aussi l’occasion d’en faire la critique.
L’autre Tartuffe
C’est aussi l’autre titre donné à la pièce. Une fois de plus, Beaumarchais rend hommage au maître de la comédie, Molière en s’inspirant fortement de son personnage légendaire Tartuffe, car Bégearss n’est rien d’autre que cela. Un Tartuffe qui abuse de la confiance des gens pour leur soutirer tous leurs biens et jusqu’à leur fille. Le monde est peuplé de Tartuffe, Beaumarchais nous le rappelle. Nos décisions sont trop souvent prises sous l’influence de personnes qui nous manipulent et nous dirigent sans même que nous nous en rendions compte.
Bégearss fait en sorte de séparer le Comte et la Comtesse, le frère et la soeur qui ne le sont que de nom et une fois leur avoir détruit le coeur, il les dépouille. Mais Figaro est là qui veille.
Deux personnages légendaires se font alors face: Figaro, le valet libre et malin aux idées révolutionnaires et l’affreux Tartuffe.
La vieillesse: solde des comptes
Cette pièce, c’est aussi l’occasion pour chaque personnage de se retourner sur sa vie pour analyser leurs actions passées et leurs conséquences sur le présent. Des conséquences qui les tuent à petits feux, des secrets trop lourds à porter. Se retourner sur ses erreurs, les accepter, c’est aussi avancer en paix.
Le Comte Almaviva est probablement le personnage qui semble avoir le plus évolué. Il semble avoir gagné en sagesse à la fin de la pièce.
Mon avis
Cette pièce ne m’aurait pas intéressée si elle n’avait pas fait partie de la trilogie mais lorsqu’on a lu les deux premières pièces, que l’on a appris à aimer et à détester les différents personnages, comment ne pas être happée?
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