« Le Maître d’Escrime » d’Arturo Perez-Reverte: Diabolique

Si j’ai choisi « le maître d’escrime »d’Arturo Perez-Reverte, c’est parce que le titre m’a fait penser à une nouvelle de Barbey d’Aurevilly extrait de son recueil, « Les Diaboliques » que j’ai adorée: « Le bonheur dans le crime ». Ici, en plus de représenter le jeu amoureux, l’escrime est le symbole des valeurs traditionnelles.

De plus, il s’agit encore d’un roman se déroulant en Espagne. De quoi me mettre dans l’ambiance de mon prochain voyage.

L’Histoire

A la fin du siècle dernier, alors que l’Espagne est secouée par des événements politiques, un maître d’escrime assiste à la disparition de son art et des valeurs qui l’accompagnent. Lorsqu’apparaît Adela de Otero, belle et énigmatique jeune femme pratiquant l’escrime.

Le style

Chaque chapitre a pour titre une parade d’escrime. Le jeu prend une place importante dans l’oeuvre où de nombreux combats sont décrits. Un régal j’imagine pour les passionnés.

Intrigue policière

L’intrigue policière n’arrive qu’à la seconde moitié du roman. Une fois qu’elle est lancée, impossible de s’en détacher mais j’ai trouvé la première partie un peu longue. Elle permet en fait de donner des indices sur la seconde partie et de développer l’intrigue politique.

Intrigue amoureuse

Le vieux maître d’escrime a renoncé depuis longtemps à l’amour lorsqu’une femme française qu’il a aimée est retournée auprès de son mari. Dès lors, il se dédie à son art, l’escrime. Jusqu’à ce qu’il rencontre Adela de Otero qui se trouve être à sa hauteur sur le terrain de l’escrime; mais le vieux maître a pris l’habitude de fuir le réalité, en sera-t-il de même sur le terrain de l’amour?

La femme ensorceleuse, tentatrice, une Milady en puissance

D’abord attirée par la ressemblance de l’histoire à celle de la nouvelle de Barbey d’Aurevilly, je n’ai pas pu m’empêcher de penser également à Alexandre Dumas. Hommage voulu ou pas, cette Adela de Otero a des airs de Milady, personnage inégalé en littérature.

L’image de la femme tentatrice, infernale n’est pourtant pas neuve en littérature et en poésie. La femme est celle qui détourne l’homme du droit de chemin par le désir qu’elle fait naître chez lui. La littérature française et mondiale en est truffée d’exemples, mais Milady est une femme monstrueuse, séductrice dénuée de sentiments, profondément amorale,aucun homme ne lui résiste. Arturo Perez-Reverte s’en inspire pour créer un personnage diabolique.

Mon avis

Un roman long à démarrer et pourtant quand on y est, quel régal! Je trouve les deux personnages principaux très intéressants. Le vieux maître nostalgique est attachant, il représente la conservation de valeurs disparues ( ce qui n’est pas sans nous faire réfléchir à ce que sont les valeurs d’aujourd’hui), fier, élégant, il se bat jusqu’au bout pour l’honneur de ce à quoi il croit. Adela- Milady est intéressante par ce qu’elle projette, le fantasme de la femme-sirène à laquelle aucun homme ne résiste.

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