« Les Corrections », de Jonathan Franzen- Tableau de l’américain moyen

Encore du Jonathan Franzen! Pourquoi avoir choisi « Les Corrections »? J’avais déjà découvert « Freedom« (ici) suite à une querelle Twitter au sujet d’une déclaration de l’écrivain. Une nouvelle anecdote à son sujet-décidément, il n’a pas que des amis dans le show business- m’a convaincue de me familiariser davantage avec le personnage Franzen, obstinément atypique.

Franzen semble se foutre de ce que l’opinion pensera de lui. J’aime bien ça. Ainsi, alors qu’il était invité à l’émission de la célèbre Oprah Winfrey, il a refusé d’accoler à la couverture de son livre le logo, signe de son passage dans l’émission. Ni une, ni deux, La diva n’a pas voulu le recevoir. 1-0 pour Jonathan. Merci Jonathan Franzen de ne pas céder à l’appel de la publicité et des plateaux TV larmoyants. Tu as gagné une lectrice.

L’Histoire

Alfred et Enid sont à la tête d’une famille américaine moyenne. Tant bien que mal, ils ont offert à leurs enfants les billes pour qu’ils réussissent leur vie mais l’argent ne fait pas le bonheur.

Les Personnages

Le père, Alfred, est attachant. Il nous apparaît d’abord affaibli par la maladie de Parkinson. Paradoxalement, cette particularité va être à l’origine de quelques scènes grotesques savoureuses.

Enid, son épouse apparemment morale et parfaite, s’est donnée pour but de réunir toute la famille au Noël suivant mais rien ne se présente jamais comme elle ce l’était imaginé. Noël n’échappera pas à la règle.

Gary, le fils aîné, semble être le plus stable de la famille, le plus établi et pourtant, il ne trouve pas sa place dans la relation que sa femme a développé avec ses fils. Cet homme en apparence solide, est acculé de toute part. Sa femme et ses enfants le trouvent paranoïaque et dépressif, ses  frères et soeurs, ennuyeux et avare, sa mère, pas assez Chip.

Chip est le fils adulé et mystérieux. Mystère autour de sa vie professionnelle et amoureuse. Ce fils tendre et aimant n’en est pas moins profondément amoral politiquement et professionnellement.

Denise est la dernière née. Divorcée, elle sort du cadre moral d’Enid. Elle est indépendante et raisonnable mais dans sa vie personnelle, c’est le chaos.

Ces cinq personnages nous font sourire par leurs faiblesses et leurs travers. J’aime les personnages imparfaits et eux le sont, à coup sûr!

La Famille

Ce livre est bien sûr l’occasion de dresser la liste des différentes situations que l’on peut trouver dans une famille: la maladie, le suicide, la dépression, la jalousie, le sexe, le conflit intergénérationnel… Ces cinq personnages sont liés par le sang et ils tentent comme ils peuvent de communiquer et de s’aimer.

La Classe Moyenne

La famille Lambert fait partie de la classe moyenne américaine. Alfred a travaillé toute sa vie pour permettre à ses enfants de faire des études et pour partir en croisière une fois par an une fois la retraite venue. Rien de bien extraordinaire. On peut noter quand même la difficulté qu’ont les enfants à sortir de cette classe. Pour Enid, les études étaient la promesse d’un avenir meilleur. Le bilan est discutable…

Le Style

Le livre est épais, 700 pages qui nous permettent de nous perdre dans les méandres de la psychologie humaine. 700 pages de rire. 700 pages d’interrogation sur la société capitaliste. 700 pages de questionnement sur la famille.

Nous passons de l’une à l’autre petite histoire, d’une époque à l’autre, du masque lisse à la complexe réalité avec une extrême maîtrise, de sorte que nous ne nous sentons jamais perdus.

L’humour corrosif de Franzen nous permet de parcourir « Les Corrections » sans jamais perdre d’intérêt.

« Les Corrections », Jonathan Franzen, Points.

 

 

 

 

 

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