« Les Revenants » de Laura Kasischke- attention au titre trompeur

Laura Kasischke, c’est ma découverte de l’année. En quelques mois, j’ai lu trois livres de cette auteure ( vous pouvez retrouver les critiques ici et ). Elle nous transporte dans un univers bien à elle, entre Amérique profonde et film d’horreur.

L’histoire

La vierge effarouchée Nicole est décédée dans un accident de voiture. A la rentrée suivante, son petit ami Craig, qui était au volant et que tout le monde juge responsable de la mort de Nicole, retourne sur les bancs du campus. Tout le monde souhaite son départ excepté son compagnon de chambre, Perry qui a connu la vraie Nicole…

Des phénomènes étranges font alors leur apparition, Nicole est-elle vraiment morte?

Le début: le campus américain et ses déboires

Comme à son habitude, Laura Kasischke nous plonge dans l’Amérique profonde des films et des séries TV. L’histoire se passe sur un campus américain: sexe, alcool, drogue, sororités et confréries sont de la partie. De jolies filles pas très futes-futes, des garçons qui ne pensent qu’au sexe et à la fête, des professeurs qui tentent de tirer leur épingle du jeu pour obtenir la titularisation, tout y est. Nous voilà aux Etats-Unis!

De plus, comme à son habitude, Laura Kasischke choisit des prénoms bien américains: Craig le beau gosse, Perry le preppy , Shelly… j’aurais décidément toujours du mal à m’y faire. Seulement maintenant, je commence à connaître l’auteure et je sais que ce n’est qu’une mise en bouche car Laura Kasischke a l’art de transformer ces calmes et vertes plaines américaines et de renverser nos attentes.

Les phénomènes inexpliqués: et né un excellent polar

Chacun de leur côté, les personnages ayant eu de près ou de loin un lien avec l’accident s’interrogent. Nicole est-elle vraiment morte? Petit à petit, l’intrigue se complexifie, des éléments viennent s’ajouter au mystère, les enquêtes sont menés individuellement, jusqu’à ce que les personnages se croisent et en s’assemblant, démêlent le mystère. Mais comme toujours chez Laura Kasischke, la fin est surprenante. Elle nous laisse répondre nous-mêmes aux questions.

L’univers de Laura Kasischke

La particularité d’un grand auteur, c’est qu’on reconnaît ses oeuvres entre mille. C’est le cas de Kasischke: réalisme? non,fantastique? pas tout à fait, science-fiction? parfois,polar? d’une certaine façon. Difficile à classer, c’est du Laura Kasischke!

Derrière les masques, la complexité humaine

Dans tous ses livres, et celui-ci ne fait pas défaut, les personnages semblent lisses mais cachent une énorme complexité psychologique ou une pathologie.

La sortie du lycée- l’entrée à l’université est le décor idéal pour étudier les jeux de masques et les apparences. C’est un âge où l’on se construit, où l’on se forge une identité et une réputation qui nous suivra toute notre vie. Dans « Les revenants », Nicole cache le démon qui est en elle par le masque de l’ange vierge et pur; de même que Josie cache sa mesquinerie par le masque de la bêtise et de la naïveté. C’est Josie d’ailleurs qui prononcera la phrase clef de l’oeuvre « Nous sommes tous interchangeables ».

Etude sociologique (les campus américain), psychologique (passerelle entre l’adolescence et l’âge adulte, construction d’une identité), ce livre a plus d’une corde à son arc.

Tels des fantômes, nous errons; en quête de quoi? Peut-être de nous-même. Derrière cette marche hasardeuse et sans fin se cachent des tourments qui nous empêchent d’être vraiment vivants.

Style

J’ai lu le livre en français et la traduction est parfois mauvaise mais la lecture reste fluide. Rien de complexe et de spécial dans le style, la force de Laura Kasischke tient dans l’intrigue et l’étude de psychologique.

Mon avis

J’avais beaucoup aimé « Esprit d’Hiver » et il me serait difficile de le départager d’avec « Les Revenants ». Seulement, je me suis fait au monde de Laura Kasischke, si particulier. Je sais où je vais et je sais ce que je vais y trouver. Je ne suis attirée ni par les Etats-Unis, ni par la publicité qu’on en fait dans les films ou les séries. Je trouve vite risible tout ce qui met en scène les Etats-Unis de façon stéréotypée mais maintenant, je sais pourquoi L. Kasischke le fait et j’apprécie aujourd’hui toute la finesse de l’auteure

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3 commentaires sur “« Les Revenants » de Laura Kasischke- attention au titre trompeur

  1. Oui alors moi j’étais restée sur ma faim à la fin, j’ai trouvé que c’était tropfacile de laisser planer ce doute alors que c’est à l’auteur de nous offrir une fin cohérente… Mais sinon j’ai aimé le roman, l’esprit et l’ambiance.

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