« Louise » de Julie Gouazé: Être le héros de sa vie

Voilà dix jours que j’ai fini ce livre et comme toujours quand un livre ne m’emballe pas, je prends mon temps avant d’écrire un article ou je ne l’écris pas du tout d’ailleurs; mais cette fois je me suis engagée auprès de Priceminister puisque « Louise » est le livre que j’ai choisi à l’occasion du « match de la rentrée littéraire 2014 ».

Allons-y donc!

L’histoire

Louise a une soeur alcoolique et est aimée par ses parents (trop, si c’est possible…). Partant de ce constat, Louise va tout faire pour ne pas flancher.

… le propos

Je m’attendais à plus de drame, à des difficultés familiales plus importantes pour tout dire. Au lieu de cela, le narrateur semble vouloir nous montrer comme elle est courageuse cette pauvre Louise de supporter tout cela et comme c’est dur de vivre dans l’ombre de sa soeur lorsque tout son monde est accaparé par les problèmes de celle-ci. Moui…parce que le propos est que la propre vie de Louise lui échappe. Elle n’est pas l’héroïne de sa vie puisqu’elle se fait toujours voler la vedette par sa soeur et ses problèmes. Elle sera donc le personnage principal d’un roman, mais en a-t-elle l’étoffe?

Le style

C’est là où le bât blesse. J’ai repensé à un passage du livre de Gautier Battistella, « un jeune homme prometteur », lorsque le personnage analyse la littérature actuelle et s’agace de tous ces auteurs qui ne savent plus construire des phrases correctes et qui, pour se donner un style, coupent leurs phrases de multiples points. Sauf exception( pour effet de style), le point tombe à la fin d’une phrase. Cela permet au lecteur de comprendre facilement le sens et d’avoir une lecture plus fluide. Ici, Julie Gouazé pose ses points entre chaque groupe nominal et c’est INSUPPORTABLE. Du début à la fin du livre, le lecteur se heurte à ces points. On trébuche et on ne se relève pas. Si je ne m’étais pas engagée à faire la critique de ce livre, je me serai arrêtée dès le premier chapitre.

Je ne suis pas contre cet effet de style; Claire Castillon par exemple, l’utilise très bien mais il sert son propos puisqu’il mime le flux de pensées de son personnage et se marie parfaitement avec son discours cru. Dans « Louise » je ne comprends absolument pas le but de la manoeuvre.Des phrases coups de poing diront certains; alors je dois être très résistante pour ne pas avoir été touchée jusqu’à la dernière page.

« Son départ, Louise s’en souvient encore. De la déchirure. De la solitude. Du coeur qui se serre. Et, du silence qui s’abat sur la maison. »

Le Pathos

Le style, l’histoire: tout concourt à inspirer aux lecteurs un sentiment de pitié pour le personnage principal. C’est à peu près tout ce que je n’aime pas en littérature (voir mon article sur Aurélie Filippetti). Ce livre n’était définitivement pas écrit pour moi mais peut-être des lecteurs aimeront prendre en pitié cette pauvre Louise.

Mon avis et ma note

Une fois cette barrière stylistique apprivoisée et passée, je n’ai pas été touchée par ce personnage qui vit dans l’ombre de sa soeur. Je n’en ai probablement pas saisi la souffrance et bien que le livre soit court, je me suis ennuyée à le lire. C’est donc une grande déception.

2/5

Rendez-vous sur Hellocoton !
Rendez-vous sur Hellocoton !

11 commentaires sur “« Louise » de Julie Gouazé: Être le héros de sa vie

  1. Oh comme je te comprends c’est tellement pénible ce genre d’effet de style qui n’apporte rien et qui au contraire s’oppose à la lecture. J’aurais abandonné au bout de quelques pages, c’est certain.

  2. Ca m’insupporte aussi ce genre de livre où il faut s’apitoyer sur le personnage principal…qui ne vit rien de spécialement grave. Bon je pense que c’est aussi parce que ce sont des choses qui m’énervent dans la vie de tous les jours. Non pas que je ne râle jamais loin de là, mais j’essaye de ne pas présenter comme graves des choses futiles, pour en avoir vécu.Bref, et là encore je te rejoins, principalement chez les nouveaux auteurs j’ai l’impression, on retrouve ce concept de "non phrase". Faute de pouvoir rythmer un roman, on rythme l’histoire comme on peut j’imagine…Comme tu le dis ça doit être maîtrisé, d’ailleurs ll faudrait que je lise un ouvrage de Claire Castillon (je crois que j’avais découvert ton blog suite à un article sur elle où je l’avais confondu avec quelqu’un d’autre;)), mais je suis toujours sur "Cent ans de solitude" ahah 😉 Bon pour l’instant j’aime bien, un peu spécial et je suis beaucoup moins transportée que "l’amour au temps du choléra" mais je déteste arrêter un livre en cours de route!!

  3. Moi aussi j’ai pris beaucoup de temps à lire " cent ans de solitude". Belle écriture mais je n’étais pas emportée non plus. Je n’ai pas osé me mettre en avant dans l’ article mais je te rejoins complètement, dans la vie comme dans les livres, je du mal avec les personnes/personnages qui cherchent à se faire plaindre

  4. Ah, je suis assez contente de lire cet article parce que je suis un peu du même avis. Je suis plus clémente que toi sur le fond par contre, j’ai beaucoup aimé le sujet traité, l’alcoolisme et les conséquences que ça a sur la relation entre soeurs… J’ai trouvé ça très original.
    Par contre, je n’ai pas apprécié la forme, et ta chronique exprime exactement les mots que je n’arrivais pas à trouver, j’aurais même aimé savoir écrire ta chronique ahah 😉
    Bises!

  5. Merci Charlotte! Oui, j’ai vu que les critiques étaient plutôt bonnes par ailleurs; du coup, j’ai bien précisé dans l’article que le genre de roman qui appelait la pitié n’était pas ma tasse de thé. D’autres apprécieront.
    Quant au fond, je ne sais pas, peut-être est-ce que le style m’a coupé l’herbe sous le pied ou bien le trop plein de pathos m’a paru exagéré, mais je n’ai pas été emportée.
    Bonne journée!

commentaires