« Lovestar » Andri Snaer Magnason, et si rien n’était dû au hasard?

J’ai choisi de lire « Lovestar »d’ Andri Snaer Magnason, durant mes quatre jours de vacances à Valence et après avoir lu quelque part sur internet que ce livre était peut-être à l’origine du film « Her ».
L’histoire
Lovestar est le maître des ondes. De ses recherches sur les animaux, il découvre un nouveau mode de communication par les ondes qui transforme le monde tel qu’on l’a connu jusque-là. L’ Homme libéré de l’électronique pour mieux se connecter encore, c’est la société entière et ses croyances qui changent, notre rapport à la vie et à la mort, à l’amour, à Dieu.
Imaginez un monde où la science nous aiderait à trouver notre âme soeur par les ondes? Indroi et Sigriour pensent avoir trouvé leur moitié jusqu’à ce que Lovestar découvre qu’ils ne sont pas âmes soeurs. Se met alors en route une machination terrible pour les séparer afin de respecter « l’équilibre du monde » tel que le conçoit Lovestar. Leur amour résistera-t-il à ces épreuves?
Le monde selon Andri Snaer Magnason
Il n’est pas loin de celui de George Orwell où chacun est épié ou chaque être humain devient machine aux émotions prévisibles, au destin tracé par une instance humaine supérieure (ici, l’entreprise Lovestar) mais en a-t-il la puissance? A mon avis, Andri Snaer Magnason se perd. A vouloir parler de tout ( la mort, la vie, la société, Dieu), il survole tous les sujets sans les aborder en profondeur.
L’amour
Dans le monde tel que nous le décrit Andri Snaer Magnason, il n’y aurait qu’un seul homme pour une seule femme. Selon le principe de l’âme soeur, une seule personne dans le monde nous serait destinée. Cette personne à elle-seule serait capable de nous apporter une sorte de béatitude sans faille.
Mais l’amour est un sentiment fourbe et mesquin, il se joue de nous. Ainsi pouvons-nous être comblés par une personne pour un temps, trois mois, cinq ans; mais si une autre nous est destinée, alors cette première relation est vouée à l’échec et entraîne chagrin, solitude, désespoir et haine.
Lovestar promet la fin de ces souffrances en trouvant un moyen de réunir toutes les âmes soeurs. Indroi et Sigriour sont persuadés de s’être trouvés, à l’ancienne, sans calcul. Si les résultats du calcul les surprennent, l’amour est toujours là présent. Mais peut-on continuer d’aimer lorsque l’on sait qu’une autre personne plus compatible nous attend quelque part? De plus, existe-t-il une seule personne dans le monde capable de nous rendre heureux durablement?
La société
La société dépeinte par Andri Snaer Magnason n’est sûrement pas si futuriste que cela. Elle nous est même familière. Une société où la communication et la consommation sont partout présentes, où le mal à vaincre est la solitude source de tristesse et de malheur, ne vous évoque rien?
Afin d’apporter la paix et la stabilité, les couples heureux deviennent la norme. L’amour conjugal serait une réponse aux malheurs du monde. La stabilité et le bonheur contre l’individualisme.
Par ailleurs, en imposant son idée d’un monde meilleur qui n’exclue pas le profit, Lovestar dirige comme un dictateur une société qui déshumanise pour rapporter plus. Une autre question se pose alors, une organisation humaine basée sur le profit et l’argent peut-elle apporter la paix? Encore une fois, plus que de la science fiction, la société promue par Lovestar apparait comme une caricature de la société occidentale.
Mélange des genres
La science fiction se mèle aux vieux contes merveilleux et à leurs acteurs symboliques comme le loup ou bien l’arbre à prière au bout du chemin (de la vie) de Lovestar.
Le style
Cela est peut-être dû au genre de la science fiction qui n’est pas celui que je connais le mieux mais la description du monde de Lovestar est bien trop longue et sans réelle beauté de style (traduction?) Puis, tous les éléments dramatiques se bousculent d’un seul coup.
De plus, la construction me laisse perplexe. Il s’agit d’une alternance de chapitres qui concernent Lovestar avec ceux qui concernent le couple Indroi et Sigriour. Ceci aurait été plutôt plaisant si en plus de cela on ne naviguait pas d’une époque temporelle à une autre sans réelle indication. De sorte, le lecteur passe la moitié de son temps à essayer de reclasser les événements.
Mon avis
J’étais vraiment emballée à la lecture du résumé et finalement, je suis un peu déçue par le livre pourtant prometteur. Le rythme est trop lent au début et trop rapide à la fin. Et ce n’est peut-être pas ce que l’on attend d’un livre de science fiction mais le style n’est ni reconnaissable ni remarquable.
Si cette oeuvre a inspiré le film « Her », alors je peux dire que ce dernier est bien plus abouti. En se concentrant sur les relations amoureuses, il fait une critique de la société vers laquelle nous allons et c’est bien suffisant.

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