Les Sagas d’Alexandre Dumas

Si je n’ai pas présenté de roman le mois dernier, c’est parce que je me suis lancée dans une nouvelle saga d’Alexandre Dumas, auteur que l’on sait prolifique.

Alexandre Dumas

Ma relation de lectrice avec l’auteur Alexandre Dumas a toujours été ambivalente. Je me surprends souvent à être totalement captivée par les romans de Dumas, à rire seule des situations et des personnages, à vibrer de leurs aventures. Je me surprends en effet parce que j’ai aussi le souhait irrésistible de discuter son style parfois surprenant, les libertés qu’il se permet de prendre avec l’Histoire. Mais n’est-ce-pas ça aussi l’art de la fiction? Dramatiser et sublimer une réalité souvent décevante? en ce cas, Dumas y parvient avec brio.

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Les Trois Mousquetaires, Vingt ans après

De toutes les « Sagas » de Dumas, celle que j’ai préférée est « Les Trois Mousquetaires », j’aime ses personnages héroïques et pourtant imparfaits, le regard amusé que le narrateur porte sur eux.

D’Artagnan, ce héros qui ne figure même pas dans le titre, est pourtant un des plus connus de la littérature française. Le cadet de Gascogne eut beau être mousquetaire du roi dans la réalité, il ne serait sûrement pas aujourd’hui ce personnage légendaire sans l’aide de Monsieur Dumas. C’est par les détours du roman que l’ordinaire devient légendaire. Ainsi, quatre siècles plus tard, la nouvelle génération se passionne pour ce héros -et, avec un peu de chance, pour la lecture- grâce aux écrits de cet écrivain dénigré par la critique.

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D’Artagnan n’est pas le seul héros racé de cette saga, les trois autres mousquetaires ont, eux aussi, des traits nobles et attachants. Le plus âgé, Athos, est aussi le plus sage et brille par sa noblesse et son éducation. Il cache pourtant un lourd secret. Aramis est la douceur incarnée, c’est l’homme d’Eglise qui n’hésite pas à oublier ses principes pour aider un ami ou défendre une cause. Porthos est le bourru à la gentillesse indéniable, le coeur tendre dans un corps d’ours. Puis, comme souvent dans les romans de Dumas, il y a la femme, la maléfique et enchanteresse Milady de Winter. Elle reprend tous ces personnages féminins poétiques, littéraires, mythiques qui exercent un pouvoir tel sur les hommes qu’ils les mènent à leur perte. Milady, c’est la beauté fatale, la manipulatrice, le corps dépourvu de coeur et de scrupules. Elle est la figure du mal dans une enveloppe belle et alléchante. L’increvable…

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De tous les livres que j’ai lus, c’est sûrement le personnage féminin le moins humain ( Manon Lescaut n’est pas mal non plus dans le genre séductrice perfide mais elle ne lui arrive pas à la cheville). Cependant, Milady cache aussi un lourd passé qui ne suffit pourtant pas à expliquer ce monstre à la somptueuse chevelure qu’elle est devenue.

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Le Vicomte de Bragelonne: ma dernière lecture

J’ai repris Dumas lors de mon voyage aux Etats-Unis, fin octobre. J’ai choisi de continuer de suivre les aventures de mes mousquetaires avec Le Vicomte de Bragelonne qui prend place à la cour de Louis XIV, plus de trente ans après Les Trois Mousquetaires. L’occasion pour ces personnages comme pour nous de faire le point sur les réussites et les échecs de leurs vies. On retrouve parfois le même ton larmoyant que dans La Mère Coupable, de Beaumarchais, qui se situe aussi des années après le Barbier de Séville: Qu’avons-nous fait de nos vies? sans oublier le transtemporel: « C’était mieux avant », car les temps ont changé et l’honneur ne prime déjà plus sur l’argent. Malgré tout, cela n’empêche pas de satisfaire le lecteur -friand des « Trois Mousquetaires » et de « Vingt ans après »- d’humour et d’ironie, d’intrigues et de coups bas. Pour cela, quoi de mieux que la légende du masque de fer?

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Mon appétit pour les romans fleuves

Comme Zola, Dumas satisfait mon envie pour les romans longs, qui prennent le temps de se dérouler. Lorsque j’arrive à entrer dans l’univers que nous dessine un auteur, j’aime y rester un certain temps, l’observer, le faire mien. Lorsque je me prends d’amitié pour un personnage, j’aime le retrouver le soir, apprendre à le connaître, comprendre les méandres de son esprit, ne pas le quitter tout de suite. J’ai le tempérament fidèle en somme.

C’est pourquoi durant ces vacances de Noël, j’ai repris le lecture de Marcel Proust là où je l’avais laissée il y a quelques années. J’essaierai malgré tout de lire et de vous présenter d’autres romans entre deux tomes mais le rythme devrait être ralenti.

 

 

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