« Sur ma peau »: Quand Gillian Flynn se penche sur les relations mère-fille

J’avais découvert Gillian Flynn avec « Les apparences » (article ici) et ce qu’il y a de fantastique lorsque l’on tient un blog, c’est de pouvoir échanger avec ses lecteurs dans les commentaires. Je prends toujours plaisir à découvrir un livre que vous m’avez conseillé. C’est l’un de vous qui m’avait suggéré le premier livre de Gillian Flynn « Sur ma peau ».

Le résumé

Une journaliste célibataire de 33 ans, Camille, est envoyée dans la ville où elle a grandi pour suivre l’affaire de deux petites filles disparues et retrouvées sauvagement mutilées à neuf mois d’intervalle. Deux petites filles qui ressemblent étrangement à notre journaliste… le retour à Wind Gap et plus particulièrement, dans la maison où elle a grandi s’avère une épreuve difficile pour Camille. Avec elle, le lecteur déterrera des souvenirs enfouis.

Le titre

Je ne dirai rien! Il vous sera expliqué au bout de quelques chapitres…

Un premier roman

C’est le premier roman de Gillian Flynn et pourtant, le style paraît maitrisé. Il semble même s’affiner après les premiers chapitres. Peut-être est-ce que cela s’explique par le traitement psychologique qui arrive plus tard dans le roman. En effet, Gillian Flynn est déjà à l’aise dès qu’il s’agit de se pencher sur la psychologie et les relations humaines. Les personnages sont bien sûr complexes. En revanche, pour ce qui concerne le thriller, les codes sont respectés mais Gillian n’était peut-être pas assez à l’aise pour en jouer.

L’apport psychologique

Alors que « les apparences » nous parle de la psychologie du couple ; ici, ce sont les relations mère-fille qui sont mises sur la table: disséquées, analysées, mises à jour et pour cela, Gillian sort sa loupe. Bien sûr que le trait est forcé (c’est un thriller) mais l’analyse est juste.

L’hérédité ou l’éducation?

Au XIXème siècle, Emile Zola se proposait d’étudier le phénomène de l’hérédité à travers ses personnages des Rougon-Macquart. Sommes-nous condamnés à être la réplique de nos parents? D’après ce dernier, pas forcément (et heureusement). Nous sommes également déterminés par notre éducation et c’est davantage sur ce point que Gillian va développer son propos.

Comment ne pas être influencé par une manière de vivre qu’on nous présente comme étant la « norme » dès l’enfance? Nous apprenons à parler par mimétisme, pourquoi n’en serait-t-il pas de même de notre façon d’être, de ressentir et de percevoir le monde?

Ce sujet m’a toujours passionnée parce que je pense réellement que le bien être passe par la connaissance de soi et qui dit connaissance de soi, dit connaissance de notre enfance, de notre éducation et des personnes qui y ont participé.

Si le mal ne se transmet pas par les gênes, il peut se transmettre sans savoir vraiment comment, de génération en génération de façon sourde et sournoise. Parfois, le mal gangrène et infecte les dernières branches qui souffrent de maladies psychologiques qu’on ne s’explique pas.

Incapacité à aimer, à être heureux, mal être trouvent parfois leur source très loin dans le passé. Un passé auquel il faut avoir le courage de faire face pour comprendre, accepter et guérir.

L’adolescence

« Sur ma peau » parle également d’un autre thème qui ne me laisse pas indifférente: l’adolescence. Chaque fois que je lis un livre ou que je regarde un film sur les adolescents américains, je pense à « Elephant » de Gus Van Sant ou aux films de Sofia Coppola et en tant que professeur, je constate que ce phénomène de harcèlement scolaire, s’il a toujours existé, est en train de s’aggraver, non par le nombre mais plutôt dans la cruauté des actes dont sont victimes nos collégiens.

Dans la petite ville Wing Gap, les enfants grandissent trop vite et la phase du « cap ou pas cap » atteint des sommets de bêtises: alcool, sexe, drogue, violence physique et psychologique; les pré-ados de cette ville bravent l’ennui comme ils peuvent. Vieux avant l’heure, ils agissent comme des adultes mais réfléchissent comme des enfants. Des enfants sans rêves et sans repères.

Finalement

Cette fois-ci, Gillian Flynn n’a pas su me piéger. Il fallait bien qu’elle s’entraîne avec ce premier thriller pourtant très réussi et le côté psychologique joue encore beaucoup au plaisir de tourner les pages. Gillian pose ici sa marque: le thriller psychologique fin.

Après les relations mère-fille et les relations de couple, à quoi Gillian va-t-elle s’attaquer dans son quatrième roman? Je pencherai pour l’amitié. Les paris sont lancés!

Sur ma peau,Gillian Flynn- éditions livre de poche

"Sur ma peau": Quand Gillian Flynn se penche sur les relations mère-fille
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2 commentaires sur “« Sur ma peau »: Quand Gillian Flynn se penche sur les relations mère-fille

  1. tiens j’ai toujours le plaisir de découvrir avec toi des auteurs ultra intéressants, je pense que celui sur les couples Apparences me plairait plus malgré tout. Enfin à voir, mais tes critiques sont toujours très fines 😉

commentaires