« Une dernière danse » de Victoria Hislop- Pour les amoureux de l’Espagne

Les fidèles ont bien dû remarquer que mes articles étaient moins nombreux et moins divers depuis début septembre. La rentrée laisse moins de place à la lecture et à la rédaction d’articles. Puis, j’essaie de choisir mes lectures minutieusement à tel point je suis déçue des choix que j’ai faits dernièrement. J’avais besoin d’un livre qui éveille chez moi de l’émotion. Lorsque j’ai lu le résumé d’ « une dernière danse », j’ai su qu’il pourrait me plaire. Un roman sur Grenade, une des deux villes d’Andalousie que je préfère, au moins il m’apporterait un peu de chaleur et de voyage.

Victoria Hislop m’a été conseillée par la rédactrice de Julytoseptember, jeune et jolie blogueuse mode qui raffole de littérature britannique et qui commente régulièrement mes articles. Je la remercie encore car grâce à elle, je vais enfin pouvoir vous faire partager un coup de coeur! Ca faisait longtemps…

L’histoire

Sonia est une britannique mariée à un aristocrate alcoolique qui s’évade de ce carcan par la danse. Son amie d’enfance, Maggy, lui propose de suivre une semaine de stage de danse à Grenade. Là-bas, elle croisera Miguel, le vieux propriétaire du bar el Barril qui lui racontera l’histoire de la famille propriétaire de ce bar durant la Guerre Civile Espagnole.

Durant les cent premières pages, j’ai été déçue de l’image de Grenade vue à travers les yeux d’une britannique. Pas de belle description de cette ville exceptionnelle, pas assez de passion dans l’évocation de la danse; mais plutôt la confrontation d’une britannique avec les moeurs espagnoles.

Cependant, l’histoire en contient une autre, et on la découvre à partir de la centième page, il s’agit de l’histoire de la famille propriétaire del barril pendant la guerre civile. Une histoire belle et bouleversante.

Une famille

Comme dans toutes les familles nombreuses, les uns se distinguent des autres en affirmant leurs différences. Parfois même, les cadets se forgent une identité en s’opposant à leurs aînés. Pablo et Concha Ramirez sont parents de quatre enfants. Plutôt républicains mais pas très engagés, ils voient évoluer leur quatre enfants sans les juger: Antonio le socialiste, Ignacio la star de tauromachie nationaliste et homophobe, Emilio le musicien homosexuel et Merche la danseuse passionnée.

Tous quatre représentent une Espagne qui se déchire et qui souffre. La famille Rodriguez n’est qu’un exemple, aucune famille républicaine n’a été épargnée pendant cette horrible guerre (Pléonasme…)

La guerre civile espagnole

Alors que le coup d’état de Francisco Franco devait être rapide, il dura de 1936 à 1939. Il causa un million de morts. Après son arrivée au pouvoir l’Espagne connaîtra trente-cinq ans de dictature; des centaines de milliers de républicains sont gardés prisonniers et meurent à cause des conditions d’hygiène inacceptables des prisons ou de la dureté des camps de travail.

Ce livre trace petit à petit, à travers ses personnages, la prise du pays par les nationalistes: Grenade, Malaga, Bilbao, Barcelone… et Madrid.

Les guerres civiles ont ceci d’effrayant qu’on se méfie de tous: le voisin, le cousin, le frère. Les ravages sont terribles et la menace toujours présente.

On ne peut pas lire ce roman sans penser à la Syrie, à feu et à sang depuis trois ans maintenant. Comment peut-on laisser se répéter de tel drame encore et encore?

L’image de l’Espagne

On comprend alors à quel point les familles espagnoles gardent les stigmates du lourd passé de leurs ancêtres, tellement loin de ce peuple qu’on aime se représenter chantant, optimiste et passionné.

On imagine aussi assez bien la délivrance qu’a dû être la mort del Caudillo (Franco) pour ces jeunes espagnols. En Espagne plus qu’ailleurs, le besoin d’être libre était criant. Le besoin de faire la fête, de vivre et d’oublier, une évidence. C’est comme cela que le reste de l’Europe se représente l’ Espagne jusqu’à la crise économique et politique majeure que le pays traverse depuis quelques années maintenant.

Mon ressenti

L’Andalousie et l’Italie sont pour moi les endroits les plus riches au monde. De par leur population, leurs paysages et leur Histoire. J’ai été bouleversée par ce récit sur la guerre civile espagnole que nous connaissons mal, par les membres de cette famille aux caractères bien trempés, par ce récit d’amour et de haine enfin.

Voilà longtemps qu’un roman n’avait pas suscité autant d’émotion chez moi. Près de cinq cents pages d’exaltation.

Une Dernière Danse, Victoria Hislop, Editions Les Escales.

Victoria Hislop, Une Dernière DanseVictoria Hislop, Une Dernière Danse

Victoria Hislop, Une Dernière Danse

Rendez-vous sur Hellocoton !
Rendez-vous sur Hellocoton !

3 commentaires sur “« Une dernière danse » de Victoria Hislop- Pour les amoureux de l’Espagne

  1. Je suis ravie qu’il t’ait autant plu! Après avoir fini "Plonger" je sais ce qu’il me reste à faire, même si pour moi aussi la reprise des cours est synonyme de moins de temps pour mes petits plaisirs, j’essaye quand même de lire un peu tous les soirs (déjà je dors bien mieux), sachant que quand je suis à fond dans un livre ça peut devenir un peu obsessionnel et m’empêcher de faire autre chose ahah:) C’est ce qui s’est passé avec Victoria Hislop, puisque comme tu le sais j’ai adoré son "Ile des oubliés" et "Le fil des souvenirs" (je crois que c’est le premier qui a fait son succès, il est lui aussi bouleversant). D’après ton article et ce que j’ai pu lire, Victoria Hislop nous immerge souvent dans une histoire (souvent familiale) émouvante sur fond d’Histoire, le plus souvent bouleversante. Je n’ai pas tout lu d’elle mais il me semble que c’est une constante, ceci dit elle le fait merveilleusement bien en s’attachant à chaque fois à un nouveau pays, une nouvelle histoire. J’adore aussi l’Espagne, c’est un pays où je me verrai bien vivre plus tard même si je connais mal l’intérieur des terres. Je suis donc très contente que tu aies enfin trouvé le bonheur avec celui-ci. Dans la même veine de roman "historique", j’ai adoré "La confrérie des éveillés" et "Samarcande" mais il est possible que je te l’ai déjà dit 😉

commentaires