Une Semaine dans les Pouilles

L’Italie est un pays qui a souvent pansé mes blessures. J’aime y aller pour prendre du recul sur les petits malheurs du quotidien parce que, face à la beauté de ces terres et la force de leur Histoire, mes problèmes me paraissent bien ridicules.

Alors que je suis allée des dizaines de fois à Rome, que j’ai visité Venise quatre fois, Bologne deux fois, Milan, Ferrare, Sienne, l’île d’Elbe, Procida, la Sardaigne, bien sûr, et Florence où j’ai même vécu quelques mois, je ne m’étais jamais aventurée plus loin que Naples, j’ai donc décidé de faire un petit circuit d’une semaine dans le talon de la célèbre botte pour pousser un peu plus loin la découverte, et quelle découverte!

L’impression générale est une joie totale, le bonheur de trouver encore de nouveaux joyaux dans ce pays qui me retourne chaque fois que j’y pose le pied.

Seule, j’ai décidé de faire une ville par jour, histoire de ne pas m’ennuyer. La canicule rendant l’été apulien encore plus difficile qu’il ne l’est déjà habituellement, mes pieds ne m’ont pas remerciée mais mes yeux, eux, étaient à l’affut, sans cesse émerveillés par de nouvelles trouvailles. Je vous explique tout cela!

 

 

Jour 1: Arrivée à Naples.

Naples, c’est toujours un peu folklorique. J’y avais passé quelques jours il y a onze ans de cela et ça n’a pas changé (bien que ce soit bien plus touristique.) A peine arrivée à la gare centrale, un homme m’accoste pour me complimenter, puis un autre, et alors que je cherchais encore mon hôtel, un troisième me propose de m’héberger et de me nourrir gratuitement. Un quatrième auquel je m’adresse pour m’indiquer le chemin, m’accompagnera jusqu’à la porte. Il n’y a pas à dire, le napolitain est décomplexé, généreux, ouvert et… accueillant! Plus sérieusement, les personnes âgées là-bas sont toujours prêtes à vous aider, elles ont vraiment le coeur sur la main.

 

 

Depuis onze ans, pas de changement. Le quartier de la gare est très animé: vendeurs de rues, revendeurs…, papiers et autres détritus par terre, bruits, beaucoup de bruits, de la fumée de cigarettes, des klaxons… certes, Naples ne fait pas rêver comme le reste de l’Italie mais c’est une ville authentique, qui se fout de tout et qui reste fermement attachée à « ses traditions » et sa manière de vivre, quoi que le reste de l’Italie en dise et quoi que les hordes de touristes, s’attendant à un joli panorama et de bonnes pizze, en pense. C’est cela que j’aime à Naples. Cette bulle hors du temps est précieuse, espérons que les napolitains la conservent telle quelle encore un moment.

 

 

J’ai séjourné à l’hôtel Bed & Breakfast Napoli Centrale. Un excellent rapport qualité prix, parfait si vous n’êtes à Naples que de passage avant de prendre un train ou un car vous menant dans le reste de l’Italie.

C’est à l’accueil de l’hôtel que l’on m’a conseillé un restaurant tout proche qui me convenait parfaitement vu l’heure avancée. La pizza était délicieuse mais pas autant que celle de Michele dont je parlerai au jour 8.

 

Jour 2: Lecce la ville aux mille églises

Le matin, j’ai pris un bus Marinobus très confortable pour Lecce. 10e.

 

 

J’arrive à 14h. Dans les Pouilles, ce sont les heures mortes. Tout est fermé, pas un chat dans la rue. Les voitures arrivent en trombe, laissant derrière elles une odeur d’essence et de plastique brulé étouffante par cette chaleur sourde et assommante. Je me demande d’abord si j’ai bien choisi mon itinéraire, je tourne en rond dans les quartiers périphériques, un sac de 10 kg sur les épaules, je ne trouve pas le centre historique.

 

 

Après m’être installée dans le Airbnb de Danilo, je me saisis du plan pour rejoindre le vieux centre de Lecce, celle que l’on appelle « la baroque », et je comprends que ce passage était incontournable. Lecce est une ville splendide; les murs sont patinés par le temps; les églises, plus magnifiques les unes que les autres (bien que celle de Gesus soit pour moi la plus belle.), la ville est calme, les commerçants discutent ensemble, dans la rue, face aux devantures de leurs magasins, de nombreuses boutiques de petits créateurs résistent aux grandes enseignes qui restent en dehors du centre historique. L’amphithéâtre de Lecce trône au centre de la ville, tel un trophée.

 

 

Lecce est assurément la plus belle ville de mon périple.

 

 

Jour 3: Ostuni la blanche

Ostuni est un petit village perché sur une colline qui a l’originalité de se trouver à 3 kilomètres de sa gare, la seule route menant au cailloux étant, la route centrale, il est très dangereux de s’y aventurer à pied, c’est pourtant ce que nous avons fait, Vjollca, une super voyageuse suédoise rencontrée à la sortie du train, et moi. Trois kilomètres sur la bande d’arrêt d’urgence par 40°…

 

 

Heureusement, la récompense était au bout du chemin. L’originalité d’Ostuni est de ressembler aux villages des Cyclades: les murs blancs, les volets bleus, les cactus et les chemins sinueux…

 

 

Aller-retour en train régional

 

Jour 4: Otranto la bourgeoise

Otranto est la ville la plus bourgeoise du périple. La haute enceinte qui protège la ville, les murs en pierres ocres donnent cet effet fier ou orgueilleux à la ville. Pour la première fois, j’ai pu me baigner dans une mer quasi-transparente pleine de poissons. Le cadre est magnifique. J’aime ces plages de galets qui restent à l’état sauvage.

 

 

Aller-retour en car régional

 

Jour 5: Santa Maria di Leuca, une émeraude cachée dans le talon

Ce fut probablement le jour le plus fort en émotion pour moi. Partout là-bas, on vous propose des sorties en mer, j’ai choisi le bateau Nautica due Mari, le spot blanc et bleu se trouve à l’entrée de la ville, au niveau du sanctuaire. Il vaut mieux comprendre un peu l’italien pour ne rien perdre des explications et des légendes qui entourent les grottes que nous visitons d’abord en bateau et ensuite à la nage!

 

 

En partant le matin, vous verrez les grottes de la côte adriatique, la lumière y est propice à ce moment de la journée. D’après notre Capitaine, c’est la balade la plus belle. J’ai préféré la balade de l’après-midi.

 

 

L’aller qui longe la côte ionienne est déjà un moment fort. Nous passons devant le bout du talon pour rejoindre les grottes. Sept pépites au total, celles que j’ai retenues en priorité étant la grotte du diable, celle des trois portes, la grotte del fiume, celle de Presepe et ses magnifiques sculptures naturelles et enfin, celle des amoureux, qui n’a l’air de rien vu de loin mais qui cache en son coeur, un puits d’eau clair et des chemins bas à la pierre rosée. Lorsque l’on atteint l’intérieur de la grotte à la nage et que l’on se retourne, on observe les deux parties d’un coeur. deux autres coeurs plus petits se retrouvent à l’extérieur et à l’intérieur de la grotte. Comme la nature est harmonieuse!

 

 

Aller-retour en car régional

 

Jour 6: Bari la grande

Bari est la grande ville des Pouilles. La majorité des personnes souhaitant se rendre dans les Pouilles en avion, passent par Bari. Cette ville sonnait, pour moi, le début du retour. Il me restait trois jours pourtant, mais je quittais le pays pour la grande ville. Le Bari historique se trouve au bout de la ville, près de la côte et c’est ce Bari-là qui m’a subjuguée: les murs colorés, les chemins escarpés et sinueux, l’air iodé gagnant les hauteurs de la ville.

 

 

Aller en train

 

Jour 7: Bari-Naples

Le septième jour fut une journée de voyage. Le trajet en car entre Bari et Naples ne prend que trois heures mais la chaleur et le port de mon sac ne m’ont pas permis de parcourir une nouvelle fois Bari.

 

 

Bari-Naples Marinobus . 10E (3H)

 

Jour 8: Pizza et bordel à Napoli

Le dernier jour fut le jour du festin! J’avais prévu le coup: ne manger qu’une banane le matin pour aller manger fissa à la Pizzeria Antiqua Da Michele et ainsi, éviter la queue de 12H. Malgré mes précautions, la pizzeria était déjà pleine à 11H30.

 

 

J’ai pu néanmoins trouver une place et c’est avec une joie sans mesure que j’ai goûté, une nouvelle fois, à la vraie pizza napolitaine, celle que j’ai mangée pour la première fois il y a onze ans – dans une autre pizzeria, il figlio del presidente- et que je n’ai jamais pu oublier depuis. Attention, il y a cependant un risque à manger une pizza à Naples, c’est de trouver toutes celles d’Italie et d’ailleurs bien fades en comparaison. Cela faisait donc onze ans que mes souvenirs me rappelaient à quel point le goût était inimitable, mais mes papilles avaient oublié… cette pâte élastique, le goût du four et de l’huile, des tomates fraîches qui ont muri au soleil. Un moment de plaisir intense.

 

 

J’ai passé le reste de la journée à arpenter les rues de Naples, à observer comme les choses avaient changé ici depuis onze ans, comme certaines rues et certaines places ont été transformées, au goût du touriste: plus propres, plus colorées, plus commerciales…

 

 

Mais il ne faut pas aller bien loin pour retrouver la Naples authentique: les familles de quatre sur un scooter sans casques, les enfants jouant au foot dans les ruelles sombres et étroites où pendent le linge, les papiers par terre, les eaux usées, les rez-de-chaussées ouverts sur la rue et la ménagère regardant la tv sur une chaise contre le mur de l’immeuble opposé, les hommes torses nus et les petites filles en culotte. C’est ça Naples.

 

 

N’oubliant pas le passage par le port avec une vue magnifique sur la Baie de Naples.

 

 

A mon retour à l’aéroport, beaucoup de touristes ronchonnent: Naples est sale, les napolitains sont des voleurs. ils n’ont pas compris, ils n’ont pas vu toute la générosité des habitants, la valeur de cette ville qui reste à part en Italie, en Europe et dans le monde.

 

Transport Paris-Naples:

Transavia

 

Suggestions lectures avant ou pendant le voyage:

  • Toute la série d’Elena Ferrante, L’amie prodigieuse, se passe à Naples et décrit bien l’ambiance de quartier. Mes articles se trouvent en liens:

Tome 1

Tome 2

Tome 3

  • Le Soleil des Scorta, de Laurent Gaudé, dont l’action se déroule dans les Pouilles (article ici)

 

Se Loger

J’ai utilisé Booking.com et Airbnb. C’est Airbnb que je préfère. Les informations sont plus précises lors de la réservation, les mauvaises surprises sont moins grandes. Au sujet de ma première nuit à Naples et de mon séjour à Lecce, vous retrouverez les liens plus haut dans l’article, si je n’insère pas de lien pour les dernières nuits, c’est parce que ça ne m’a pas plu et que les informations indiquées sur Booking étaient mensongères.

 

 

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5 commentaires sur “Une Semaine dans les Pouilles

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