« Vernon Subutex » de Virginie Despentes, du cynisme qui donne la nausée

J’ai découvert « Vernon Subutex » de Virginie Despentes sur un compte Instagram. L’histoire me paraissait prometteuse mais si j’ai été si longue à rédiger l’article, c’est qu’il m’a fallu un peu de temps pour me remettre d’autant de cynisme!

L’Histoire

Vernon Subutex est un ancien disquaire parisien ayant connu l’âge d’or de la musique. Aujourd’hui sans travail et sans logis puisque sa principale source de revenus, son ami Alex Bleach, star de la musique , vient de mourir. Dès lors, Vernon Subutex croise le chemin d’hommes et de femmes désabusé(e)s et résigné(e)s.

L’occasion pour Virginie Despentes de dresser le portrait de Paris et des parisiens.

Les personnages

Nous n’avons de la compassion pour aucun, le jeu d’identification ne fonctionne pas tant les personnages peints ont quelque chose de détestable. Paris devient une ville infâme peuplée de gens seuls et paumés.

La solitude

La solitude est sans aucun doute ce qui ressort le mieux du tableau piteux de cet univers artistique parisien. Chaque personnage semble bloqué dans sa solitude, incapable de communiquer avec l’autre, galerie d’étrangers. Cela occasionne d’ailleurs des passages très drôles lorsque d’un chapitre à l’autre les personnages ne vivent pas du tout la situation de la même façon. On rit souvent jaune à la lecture de  » Vernon Subutex ».

Remède

Chacun trouve alors un moyen de « combattre » ou plutôt, de vivre avec cette absence de repères: apprenant que sa mère décédée était une star du X, une ado revêt le voile; une femme, déçue par les hommes, par les femmes et par son corps décide de changer de sexe…

Le style

C’est ce qui m’a permis de finir le livre malgré la nausée persistante qui a accompagné cette lecture car Virginie Despentes écrit drôlement bien. Cette histoire, cette fresque est définitivement trop cynique pour moi mais l’écriture rattrape tout. Elle colle au propos et le sert. Ce livre m’a beaucoup fait penser à ceux de Beigbeder dans la même veine de cynisme parisien, les personnages se plaisant dans leur vie de débauche et en redemandant mais l’écriture de Virginie Despentes empêche d’aller plus loin dans la comparaison. On pense aussi à Michel Houellebecq qui paraît bien sage à côté.

Avis

J’ai ri (jaune), j’ai angoissé ( est-ce qu’il est vraiment impossible de rencontrer des gens simples, tournés vers les autres dans une grande ville comme Paris? Devons-nous choisir entre solitude et ennui?), j’ai eu la nausée ( trop de drogue, trop d’alcool, trop de sexe, trop de solitude, trop d’égoïsme, pas assez d’amour, pas assez d’amitié, pas assez de sentiments vrais), on ne peut pas dire que cette lecture m’a laissée indifférente et en cela, Virginie Despentes a réussi son pari. Cela dit, je ne compte pas lire le tome 2. Je m’en préserve.

Je ne veux pas d’une humanité comme celle que nous dépeint Virginie Despentes, je ne veux pas de Paris sous l’éclairage de Virginie Despentes. J’ose encore rêver à la présence de gens vrais, justes et tournés vers les autres même ici, à Paris. Question de survie.

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3 commentaires sur “« Vernon Subutex » de Virginie Despentes, du cynisme qui donne la nausée

  1. C’est vrai que l’ensemble ne fait pas rêver… Je suis contente de lire ta critique qui est bien loin de celles que j’ai lu jusqu’à présente et tu as peut-être raison effectivement, l’écriture de Despentes est son meilleur remède..

  2. Je n’avais lu que des avis dithyrambiques sur ce roman, du coup tu détonnes un peu. A voir, j’ai un vilain a priori sur Despentes, alors même que ce qui t’a filé la nausée (sexe, alcool, drogue) ne me dérange personnellement pas !

  3. Je n’ai pas lu les avis avant de le lire. Moi non plus, sexe, drogue alcool ne me dérangent pas forcément mais c’est la façon dont on en parle qui me « dérange »; En fait, je ne me reconnais pas dans le Paris qu’elle dépeint, je le trouve extrêmement cynique et le sentiment de solitude, étouffant.

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